Vendredi 17 décembre, à l'issue de la remise des ceintures de tous les licenciés du club, s'est déroulé la remise de la ceinture noire 5ème Dan de Sandrine PIET.
Pour commencer, Sandrine réalisa avec sa partenaire Justine CASSABOIS la démonstration de sa prestation judo debout/sol qu'elle avait réalisé pour l'obtention de son grade.
Ensuite, Emmanuel RAT fit un discours pour retracer le parcours de Sandrine :
"Bonsoir à tous,
Cette ouverture de la cérémonie de remise de la ceinture noire 5ème dan de Sandrine Piet est toute particulière pour moi puisque Sandrine est avant tout une amie fidèle (et accessoirement ma mémoire !!!). Sandrine est ma collègue de travail depuis 16 ans au niveau du comité et depuis 8 ans à Lons. Il est agréable de travailler avec Sandrine qui est très sérieuse et professionnelle. Le fait aussi qu’on a souvent la même vision des décisions à prendre, facilite bien les choses !
Auparavant je l’ai eu comme élève et surtout très bon élève tant par son engagement dans tout ce qu’elle entreprend et par conséquent des résultats qui en découlent. Ce grade n’est qu’une juste réussite et récompense à une Sandrine très méritante, investie, pugnace et courageuse.
Cette remise est solennelle pour tout simplement qu’elle reste gravée dans sa mémoire et prenne un sens quant à la responsabilité qu'elle engendre.
Ce cercle est une symbolique qui renferme les valeurs et les traditions du judo. Le judoka qui y rentre doit être le garant de celles-ci. Il doit les transmettre et les promouvoir avec parmi elles la maxime "Entraide et prospérité mutuelle". Il est le symbole de l'unité des judokas.
Même si cela fait 27 ans que Sandrine est déjà rentrer dans le cercle fermé des ceintures noires, c'est toujours un moment fort, émouvant et valorisant quand on reçoit un nouveau dan et d’autant plus quand c’est le GODAN. C'est le moment culture : SHO, NI, SAN, YON, GO et maintenant en vision le ROKUDAN…
Critères généraux d'évaluation:
1er dan : Evaluation et appréciation globales des principes du judo
2ème dan : Démontrer plus d'interactions des principes du judo
3ème dan : Démontrer un niveau de perfectionnement des principes du judo
4ème dan : Démontrer un niveau de maitrise des principes du judo
5ème dan : Démontrer un niveau de réelle maitrise technique dans la dynamique tori/uke
6ème dan : Démontrer une expertise technique de son judo personnel
Des petites phrases du monde du judo qui donnent du sens à nos grades :
Plus mes moyens physiques diminuent, plus je peux monter en grade.
Plus j'ai de maturité, plus j'ai d'expérience, plus je grade et plus je deviens sage.
Etre ceinture noire c'est acquérir l'esprit judo dans les différents domaines Shin Gi Taï. Le Shin correspond au mental (être plus attentif, plus patient, plus courageux, plus respectueux). Le Gi correspond à la technique avec ses principes Tsukuri Kuzushi Kake soit placement, déséquilibre, projection mais aussi la subtilité de leur application soit le savoir faire. Le Taï est le corps qui doit se travailler et se développer. Tout en sachant que quand le Taï baisse, le Gi doit continuer à progresser et le Shin doit se développer.
PIET Sandrine 11 avril 1978 d'Orgelet
Sandrine débute le judo à 7 ans en 1985 à Cousance puis à Louhans avec son professeur Philippe Vialet.
En 2001, elle rejoint le club de Lons avec moi.
En 1994, elle s’orne de la ceinture noire 1er dan, puis le 2ème en 2000, le 3 en 2004, le 4 en 2008 et le 5 en 2021.
Avec 36 ans de pratique dont 18 liés à l’enseignement, elle devient la première féminine du Jura dans ce grade. Sandrine a été professeur depuis 2003 dans de nombreux clubs (St Amour, Clairvaux, Arinthod/Saint Julien) et actuellement à Saint Claude, Moirans, Orgelet et Lons. Elle est investie dans le comité du Jura comme responsable des commissions des petits tigres et de l’informatique, membre de celles des féminines, du kata et du sportif. Elle est juge kata en Bourgogne-Franche Comté depuis 2011. Elle a été honorée par la palme de bronze des enseignants en 2012 et de celle d’argent en 2019.
En senior, elle a accédé au championnat de France 1ère division en 2007 avec une 13ème place, 5ème du championnat de France 2ème division en 2012.
En vétéran, elle excelle avec deux médailles européennes : le bronze à Paris en 2013 et l’argent en Espagne en 2019, complétées par deux médailles mondiales : l’or en Espagne en 2014 et le bronze au Maroc en 2019.
Revenons à ce 12 juin 2021 où Sandrine a réussi son examen du 5ème dan à Paris à l’INJ. Une prestation technique de vingt-cinq minutes qui lui a valu les félicitations des cinq juges hauts gradés d’une part pour la validation des trois unités de valeur (kata, judo et jujitsu) et d’autre part pour son courage. Effectivement au milieu de sa prestation, Sandrine s’est luxé le pouce. Remis en place, elle a dû faire abstraction de la douleur pour terminer son épreuve. Au final, une grande satisfaction quant à la réussite mais elle a été opérée pour une double rupture ligamentaire. Cette promotion nationale a compté une trentaine de reçus sur la soixantaine de candidats. Elle était la seule représentante de la ligue Bourgogne/Franche-Comté.
Elle est très reconnaissante de ce que le judo lui a apporté, a remercié beaucoup de monde et surtout ses trois partenaires qu’elle considère comme des amis : Justine Cassabois (judo debout-sol), Philippe Vialet (Ju jitsu), moi (Ju No Kata) et tout particulièrement ses parents.
Pour conclure, Sandrine, tes qualités techniques et humaines font de toi une excellente représentante des valeurs du judo.
Sandrine toutes nos et mes félicitations".
Après la remise de la ceinture par Emmanuel RAT, ce fût autour de Sandrine de faire son discours :
"Bonsoir à tous,
Je vais commencer par un retour sur mon parcours de judoka :
J’ai commencé le judo en septembre 1985 à Cousance avec Jacky BESSON. A cette époque, Philippe VIALET était en formation à l’école des cadres pour devenir Prof de Judo. La saison suivante, Philippe devenait mon entraîneur, et le restera jusqu’en juin 2001 (Philippe ne peut malheureusement pas être présent ce soir, car retenu pour raison professionnelle).
Lors de mes 1ères séances de judo, j’ai tout de suite accroché à cette discipline alliant la technique, le physique et un état d’esprit articulé autour des valeurs du code moral.
Tout au long de mes années de pratique au côté de Philippe, il a su me transmettre sa passion du judo, ainsi que sa rigueur technique dans la recherche du geste parfait. Il a su me transmettre sa passion à travers sa pratique du judo, mais également le récit de ses 2 voyages qu’il a effectué au Japon.
Dès ma 1ère année de pratique, j’ai débuté la compétition par des tournois, puis j’ai enchaîné sur les championnats quelques années plus tard. Afin de continuer de progresser et d’avoir plus de partenaires d’entraînement, j’ai alors rejoins le club de Louhans en 1992, toujours avec Philippe comme entraîneur. J’ai alors commencé à obtenir quelques résultats en championnat, jusqu’au niveau interrégional, et participer aux stages régionaux de la Bourgogne. C’est alors, que l’on m’a proposé d’intégrer le sport-études de Dijon. Proposition qu’après réflexion, j’ai refusé. Même si le judo était une passion, je voulais continuer d’en faire par plaisir, et je ne pense pas que je me serais épanouie dans ce genre de structure (je voulais pouvoir gérer moi-même mon planning d’entraînement, et garder ce côté famille que j’avais en club). Aux côtés de Philippe, j’ai également fais mes débuts dans l’enseignement en le secondant dans un premier temps dans les stages club qu’il organisait, puis en encadrant un groupe adulte loisir quelques années plus tard à Cousance.
Ma soif de me perfectionner techniquement, et le désir de performer en compétition m’ont conduit à intégrer le club de Lons en 2000, et à rejoindre Manu que je connaissais déjà par le biais d’une autre discipline que j’ai pratiqué : le sambo.
J’ai tout de suite trouvé ce que je cherchais, et après cette 1ère année au côté des lédoniens où j’ai pu parfaire ma technique, en développant le physique et le tout dans une ambiance conviviale, j’ai tout naturellement pris ma 1ère licence à Lons en septembre 2001, et depuis je suis restée fidèle à ce club qui est devenu un club de cœur pour moi.
Grâce aux entraînements de Manu, j’ai pu continuer d’améliorer mon judo, et mes résultats en compétition pour atteindre un 1er niveau national avec des participations aux championnats de France Entreprise.
Tout se passait pour le mieux jusqu’à ce 3 janvier 2003 qui fut le pire jour dans ma carrière sportive avec une blessure à l’entraînement.
Résultats : rupture des ligaments croisés du genou et opération.
Ce fût pour moi une épreuve difficile à vivre, mais encore une fois, grâce à la famille du judo, j’ai remonté la pente, et j’ai pu reprendre le judo après 8 mois d’arrêt.
C’est alors que Manu m’a proposé de rentrer en formation pour devenir prof de judo, et faire ainsi de ma passion mon métier. J’ai passé mon brevet d’Etat en candidat libre, et si j’ai été reçu à l’examen en juin 2005, je peux dire un grand MERCI à Manu pour toutes les heures passées à mes côtés pour me former.
Après avoir enseigné 2 ans en tant que bénévole au club de St Amour ; le diplôme en poche, un nouvel avenir professionnel s’ouvrait à moi, puisque j’avais l’opportunité de reprendre 4 clubs (St Claude, Orgelet, Moirans et Clairvaux les Lacs), et j’allais pouvoir me consacrer à 100% à ma passion qui devenait ainsi mon métier.
Après quasi 2 années sans compétition, dû à ma blessure puis à mon début dans l’enseignement, le dépassement de soi que me procurait la compétition me manquait, il fallait que je reprenne. Et c’est libérée d’un poids, que j’ai repris l’entraînement avec pour objectif la compétition et le retour sur les podiums. C’est ainsi qu’en mai 2006 je termine 2ème des Championnats de zone à Vittel avec à la clé la qualification pour le championnat de France 1ère division auquel j’ai participé en janvier 2007 à Dijon.
En septembre 2014, une nouvelle opportunité se présentait à moi, je rejoignais le club de Lons en tant qu’enseignante et pouvait ainsi travailler aux côtés de Manu, qui après avoir été mon prof, devenait mon collègue.
Le judo m’a permis de m’épanouir dans la vie de tous les jours, et m’a également appris à mieux me connaître.
J’ai eu la chance de découvrir cet art martial grâce à mes parents qui m’ont emmené dans un dojo et qui n’ont pas compté leur temps ni les kms qu’ils ont pu faire pour m’emmener à l’entraînement et me suivre en compétitions.
Ensuite j’ai eu la chance d’avoir 2 supers profs (Philippe et Manu) qui m’ont tous les 2 transmis leur passion et qui sont 2 très grands techniciens. Ce fût un honneur pour moi, qu’ils acceptent tous les 2 d’être mes partenaires pour l’examen du 5ème dan (Philippe pour la partie ju-jitsu et Manu pour le kata). Encore fois, ils n’ont pas compté leurs heures dans la répétition de cette prestation, et pour les conseils qu’ils ont pu m’apporter.
Je remercie également grandement Justine ma partenaire pour la prestation judo, qui n’a pas compté le nombre de chutes qu’elle a pu effectuer (et qui n’étaient pas toujours agréables, surtout le jour de l’examen).
Même si nous pratiquons une discipline individuelle, nous ne sommes pas grand chose sans les autres. J’attribue donc une grande partie de la réussite à l’examen de ce 5ème dan à mes 3 coéquipiers.
Je remercie également, pour leur soutien dans cette aventure, mon club, l’AJBL, ainsi que mon employeur, le Comité du Jura.
Je finirais par un dernier mot envers tous mes élèves, à qui j’ai plaisir d’enseigner ma passion, en espérant leur transmettre à mon tour comme on me l’a transmise :
- faîtes vous plaisir sur les tatamis
- fixez vous des objectifs
- donnez-vous les moyens de les atteindre en mettant toutes les chances de votre côté.
